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Rater ses gĂąteaux avec style đ

Rater, c’est frustrant
Surtout quand ton gĂąteau de rĂȘve se transforme en flan mutant sous les yeux de ta belle-mĂšre. Que c’est frustrant, quand ça ne se passe pas comme prĂ©vu ! On a un super projet en tĂȘte, sur le papier ça nous fait rĂȘver et on a hĂąte de le prĂ©senter Ă nos proches, et de le manger. Si on l’a vu sur instagram, on est aveuglĂ©ment convaincu qu’il sera identique.
Mais voilĂ , parfois ça dĂ©rape, et la dĂ©ception est si grande… qu’on a envie de tout jeter, parfois mĂȘme de pleurer. Quand on y a mis notre cĆur, nos 3 derniers Ćufs ou l’Ă©quivalent de 30⏠en gousses de vanille, il y a de quoi !
J’ai fait des gĂąteaux affreux, j’ai fait des gĂąteaux vraiment pas bons, j’ai mĂȘme parfois fait des gĂąteaux Ă la fois affreux et vraiment pas bons. Des crĂšmes ratĂ©es, un mauvais calcul du sucre qui m’a fait faire un tiramisu in-man-geable, des goĂ»ts inexistants, des gĂ©noises compactes, des crĂšmes avec des grumeaux, des brioches ultra sĂšches, des macarons qui ne ressemblent Ă rien, des Ă©clairs aussi raplaplas que des galettes, des entremets qui rendent de l’eau, des viennoiseries dont le beurre s’Ă©chappe complĂštement Ă la cuisson… etc etc.
Et tu sais quoi ? ça continue encore aujourd’hui. Parce que certaines recettes sont de vraies Ă©preuves de patience et de persĂ©vĂ©rance (coucou la pĂąte Ă choux, coucou les macarons đ).
Rater, c’est normal
Rassurez-vous, personne ne rĂ©ussit une pĂąte Ă choux du premier coup. MĂȘme les meilleurs pĂątissiers ont un carnet rempli de tests ratĂ©s.
L’important est de comprendre pourquoi ça n’a pas marchĂ©…et d’y retourner :
đ avec plus d’expĂ©rience : on garde la mĂȘme recette mais en ayant appris un petit truc en plus : une tempĂ©rature Ă mieux surveiller, un geste Ă affiner, une erreur Ă ne pas refaire.
đ avec une nouvelle recette : parfois, tout simplement, ce n’est pas la bonne recette pour nous. Les recettes sont des choses trĂšs personnelles. Une recette peut bien convenir Ă une personne, et moins Ă une autre. Cela dĂ©pend de nos affinitĂ©s, de nos ustensiles, de notre four ou de notre batteur, de l’humiditĂ© de la piĂšce, des saisons, de notre force physique (remuer une crĂšme pĂątissiĂšre qui bout, c’est physique !)
Rater, ce nâest pas un Ă©chec personnel. Ce nâest pas la pĂątissiĂšre qui est ratĂ©e, câest la recette qui nâa pas encore trouvĂ© son bon tempo ou qui n’est pas celle qui nous convient.
Rater, c’est apprendre et crĂ©er de nouvelles choses
Rater, c’est une mine d’or d’apprentissage ! Parfois, on ne comprend pas tout de suite pourquoi on a ratĂ©, on cherche, on Ă©pluche des blogs, des videos youtube, on essaie d’autres maniĂšres de faire ou d’autres recettes. Et ça nous enrichit.
Et parfois, une recette ratĂ©e nous permet d’en crĂ©er une nouvelle ! Si vous voulez par exemple savoir comment j’ai transformĂ© un Ă©clair raplapla en un mini entremets super bon, rendez-vous ici, ou comment j’ai transformĂ© une ganache ratĂ©e en bonbons au caramel, rendez-vous ici đ.
Rater, c’est ĂȘtre bienveillant envers soi-mĂȘme
On oublie trop souvent que derriĂšre le gĂąteau en vitrine ou le cookie qu’on dĂ©guste, il y a des humains parfois fatiguĂ©s, parfois maladroits. Et c’est normal. Si la version 1.0 ne fonctionne pas, on part sur la 1.1, et peut-ĂȘtre que ce ne sera qu’Ă la version 2.0 qu’on sera satisfait.
Je suis extrĂȘmement exigeante avec mes gĂąteaux. Je suis sans arrĂȘt convaincue qu’ils ne seront pas bons, qu’ils ne plairont pas. Quand j’en offre un, je m’excuse d’avance de sa mĂ©diocritĂ©. Je me dĂ©douane en parlant de la fatigue, de la chaleur ou d’autres Ă©lĂ©ments. SystĂ©matiquement.
Ce passage sur la bienveillance, c’est aussi pour moi que je l’Ă©cris.
De toute façon, si c’Ă©tait toujours parfait Ă chaque fois, on s’ennuierait. Il n ‘y aurait plus cette petite excitation quand, devant le four, je vĂ©rifie que la collerette de mes macarons est bien en train de se former…ou pas đ .
Parfois, rater c’est aussi un peu rigolo
Allez, admettons-le, parfois c’est drĂŽle.
On voulait faire un gĂąteau d’anniversaire d’enfant tout mignon et on se retrouve avec un personnage de film d’horreur ? On voulait faire un gender reveal bleu et on se retrouve avec du violet ?
Je rigole beaucoup devant les épreuves du Meilleur Pùtissier.
On demande aux candidats de rĂ©flĂ©chir Ă des recettes crĂ©atives, de rĂ©aliser des entremets qui doivent prendre au froid, des pĂątes feuilletĂ©es qui se font normalement sur deux jours, de faire 5 prĂ©parations diffĂ©rentes, tout ça en… 2h30 sous 25°C. Les chefs savent que ce n’est pas possible, les candidats savent que ce n’est pas possible, je pense que mĂȘme le cameraman doit savoir aprĂšs toutes ces annĂ©es que ce n’est pas possible.
Mais c’est si drĂŽle de voir les gĂąteaux pas assez froids qui dĂ©goulinent devant le jury, un flan qui ne se dĂ©moule pas et qui fait de la purĂ©e car il n’a pas reposĂ©, un dĂ©cor ratĂ© car fait en moins de 10 minutes. Tout est fait pour que ça foire et qu’on en rigole (et avouons-le, ça marche !).
Combien de fois j’ai oubliĂ© de mettre le rhodoĂŻd dans le cercle Ă entremets avant de couler mes crĂšmes đ€Šââïž? Et d’un coup je me fige, j’imagine la scĂšne d’un gĂąteau qui s’affaisse doucement dans mon frigo. Et je ris (jaune un peu, certes).
Malheureusement, je n’ai pas toujours eu le rĂ©flexe de photographier mes gĂąteaux moches (j’essaie plutĂŽt de mettre ça sous le tapis et hop, ni vu ni connu đ ). Mais je vais le faire davantage Ă partir de maintenant, et je vous les partagerai.
Parce que quand mĂȘme, c’est drĂŽle đ€Ł
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